Depuis plus de trois décennies, une histoire circule de café en café, de tribune en tribune, dans tout le pays. Zinédine Zidane, fils de parents kabyles et monument absolu du football mondial, aurait pu porter le maillot de l'Algérie au tout début des années 1990. Le récit était devenu presque une légende nationale, transmise comme une vérité que personne n'osait vraiment vérifier. Aujourd'hui, celui que le monde entier appelle Zizou a tranché, et sa réponse ne laisse plus place au moindre doute.

La version que tout le monde croyait

La scène était racontée avec des détails savoureux. Un Zidane âgé de 18 ans, jeune espoir prometteur de l'AS Cannes, aurait été proposé à la sélection algérienne. Le sélectionneur de l'époque, Abdelhamid Kermali, l'aurait supervisé avant de le recaler d'un jugement sans appel : le jeune milieu de terrain serait « trop lent » ou « trop lourd ». Une anecdote qui alimentait les regrets et les débats, tant l'idée de voir le futur double buteur de la finale 1998 briller sous les couleurs des Fennecs faisait rêver.

La réponse cash de Zizou

Cette version vient d'être démontée par le journaliste algérien Lakhdar Berriche, ancien de BeIN Sports et aujourd'hui présentateur sur la chaîne Sport Plus. Berriche a révélé avoir posé directement la question à l'intéressé, des années plus tard, à l'époque où le meneur de jeu évoluait au Real Madrid. La réponse de l'ancien Turinois a été catégorique : personne au sein de la Fédération algérienne de football, ni aucun sélectionneur, ne l'avait jamais contacté durant sa jeunesse.

« Zidane lui a confié qu'il n'avait jamais été contacté ni par la FAF ni par le regretté Abdelhamid Kermali pour rejoindre la sélection », a rapporté le journaliste. En clair, aucun refus, aucun contact, aucune scène de supervision. La légende s'effondre d'un simple témoignage.

Le détail réglementaire qui change tout

Au-delà des mots de Zidane, un élément juridique enterre définitivement la rumeur. Dès 1990, le milieu offensif était déjà engagé avec les équipes de France de jeunes. Or, à cette époque, les règlements de la FIFA étaient d'une rigidité totale : tout joueur ayant évolué avec une nation dans les catégories de jeunes se retrouvait bloqué à vie et ne pouvait plus changer de sélection.

La fameuse « règle des Bahamas », qui autorise désormais les binationaux à passer d'un pays à un autre après les catégories de jeunes, n'a été adoptée qu'en 2009. Sur le plan strictement légal, Zidane ne pouvait donc déjà plus rejoindre l'Algérie au moment où la scène supposée se serait déroulée. La rumeur, aussi belle soit-elle, ne tenait donc sur aucune base réelle. Une page se tourne enfin sur l'un des plus vieux fantasmes du football algérien.