Dimanche soir, 21 h, au MetLife Stadium d'East Rutherford. L'Espagne et l'Argentine s'affrontent pour la première finale de Coupe du Monde masculine opposant deux champions continentaux en titre. D'un côté la Roja, championne d'Europe 2024. De l'autre l'Albiceleste, championne d'Amérique du Sud 2021 et 2024, sacrée au Mondial 2022.
Une machine espagnole qui pulvérise les compteurs
Les statistiques donnent le vertige. L'Espagne reste sur six victoires consécutives dans le tournoi et a conservé sa cage inviolée à six reprises, un record absolu pour une édition masculine. Avant l'égalisation belge de Charles De Ketelaere, la sélection de Luis de la Fuente avait tenu 649 minutes sans encaisser le moindre but.
Surtout, la Roja n'a plus perdu depuis mars 2024 et sa défaite face à la Colombie. Soit 37 matchs sans défaite. Une victoire dimanche, et elle dépasse l'Italie championne d'Europe 2020 pour établir la plus longue série d'invincibilité de l'histoire du football masculin.
En demi-finale, les Espagnols ont étouffé la France, limitée à 0,31 but attendu. Michael Olise muselé, Kylian Mbappé privé de ballons : un penalty de Mikel Oyarzabal puis un but de Pedro Porro ont scellé un 2-0 sans discussion.
L'Argentine mise tout sur l'attaque
En face, Lionel Scaloni s'appuie sur une autre philosophie : marquer plus que l'adversaire. L'Albiceleste n'a plus gardé sa cage inviolée depuis cinq matchs, mais elle a planté au moins deux buts à chaque rencontre. Total : 19 buts, meilleure attaque du tournoi. Jamais l'Argentine n'avait autant marqué lors d'un seul Mondial, dépassant les 18 buts de l'équipe finaliste de 1930.
En demi-finale contre l'Angleterre, tout est parti d'un but encaissé d'Anthony Gordon. Puis Lionel Messi a distribué deux passes décisives, à Enzo Fernandez et à Lautaro Martinez, profitant de l'effondrement tactique du bloc de Thomas Tuchel. Septième finale de Coupe du Monde pour l'Argentine.
Messi joue son immortalité
Le capitaine argentin vise le Ballon d'Or et le Soulier d'Or du tournoi. Et il n'a pas fermé la porte à un Mondial 2030, à 43 ans. Scaloni devrait le titulariser aux côtés de Julian Alvarez, avec Lautaro sur le banc, De Paul et Montiel de retour dans le onze après les difficultés défensives face aux Anglais.
Côté espagnol, une frayeur autour de Lamine Yamal, filmé avec un bandage à la jambe gauche jeudi, mais aucune inquiétude sérieuse. Porro, gêné par une fatigue musculaire, a été préservé par précaution. De la Fuente devrait aligner un onze inchangé.
Le poids de l'histoire pour les deux camps
Une victoire, et l'Argentine deviendrait la première nation à enchaîner quatre grands tournois consécutifs, imitant l'Italie 1938 et le Brésil 1962 comme troisième sélection à conserver son titre mondial. Mais un chiffre pèse lourd : l'Albiceleste a perdu trois de ses quatre confrontations face à l'Espagne au XXIᵉ siècle, dont une gifle 6-1 en amical en 2018.
La discipline défensive espagnole n'a encore jamais été mise en échec dans ce tournoi. La question du soir : Messi finira-t-il en larmes de tragédie, ou parviendra-t-il à faire trembler la meilleure défense de la planète ?