Deux semaines se sont écoulées depuis l'élimination du Sénégal en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, et la tempête ne s'apaise toujours pas. La Fédération sénégalaise de football a choisi de se séparer de Pape Thiaw et de tout son staff, mais cette décision, loin de clore le dossier, a ouvert un débat qui dépasse largement le banc de touche.
Un soutien de poids sorti du silence
Le vice-capitaine des Lions, Idrissa Gana Gueye, a pris position publiquement avec un message bref mais lourd de sens publié sur Instagram : « Merci Pape Thiaw ! De tout cœur avec toi. » Une déclaration qui confirme que l'ancien sélectionneur garde une partie du vestiaire derrière lui, malgré la sanction fédérale.
Quelques heures plus tôt, c'est Diomansy Kamara qui avait dénoncé le traitement infligé au technicien. « Vainqueur de la CAN, parti au Mondial sans contrat, il signe finalement le jour de la défaite contre la Norvège, puis est licencié au retour des fédéraux, sans avoir été entendu ni même auditionné. Où est la logique ? », s'est interrogé l'ancien international.
Un bouc émissaire pour masquer les vrais responsables ?
Pour Kamara, le sélectionneur a surtout servi de fusible. « Et les fédéraux dans tout ça ? Ne sont-ils pas les premiers responsables du fiasco ? On a le sentiment que Pape Thiaw sert de bouc émissaire, comme l'agneau que l'on sacrifie pour détourner l'attention des véritables responsabilités », a-t-il poursuivi. L'ancien attaquant appelle à des réformes de fond : infrastructures, centre national de football, développement du championnat local et formation des jeunes.
Sur le terrain, l'échec est indéniable. Présenté comme un outsider crédible, le Sénégal a quitté la compétition dès les seizièmes après un scénario cruel contre la Belgique, battu 3-2 après prolongation alors qu'il menait 2-0 à cinq minutes de la fin du temps réglementaire. Mais réduire ce revers au seul travail de l'entraîneur paraît réducteur, tant les dysfonctionnements se sont accumulés autour de la sélection.
Un contexte chaotique et un bilan solide
Pape Thiaw est parti aux États-Unis sans avoir prolongé officiellement son contrat, avec plusieurs mois d'arriérés de salaire, et des soucis logistiques ont perturbé le quotidien du groupe sur place. Le paradoxe est d'autant plus fort que son bilan reste remarquable. Nommé fin 2024 pour succéder à Aliou Cissé, il est devenu le premier entraîneur de l'histoire à remporter à la fois le CHAN et la CAN avec les Lions. En matches officiels, ses chiffres parlent : 21 rencontres, 16 victoires, 2 nuls, seulement 3 défaites, 47 buts marqués pour 13 encaissés.
Le cas Pape Gueye, qui avait annoncé ne plus vouloir revenir en sélection tant que Thiaw resterait en place, a été avancé pour justifier la rupture. Mais l'argument divise, notamment parce que le milieu avait lui-même quitté l'Olympique de Marseille dans un climat tendu. Au final, la question dépasse désormais l'homme Pape Thiaw. Entre problèmes d'organisation, tensions internes et retards administratifs, beaucoup estiment que le véritable chantier se situe au sommet de la Fédération. Son départ pourrait n'être que la première étape d'une remise en question bien plus large !